Pour comprendre les rélevés et graphiques météo publiés automatiquement sur la page de la "météo en direct en Royan-Pontaillac" il est utile de connaître la signification de certains termes.
Température
La température du lieu est mesurée par une sonde placée dans un boitier à 1 m du sol. Le boitier protège la sonde du soleil direct principalement. Suffisament aéré il doit permettre une bonne circulation de l'air pour que les mesures soient fiables.
A ces conditions, la sonde relève la température extérieure à interval de temps régulier. Comme on peut se l'imaginer, la température extérieure est liée à deux paramètres principaux : l'ensoleillement et le vent. Généralement le maximum d'une journée est enregistré à midi solaire, et le minimum au petit matin vers 6h solaire.
Tn et Tx
Si la température est une mesure continue et fluctuante, les météorologistes ne retiennent généralement que trois mesures principales pour une journée :
- La température minimale d'un jour donné qui se note Tn.
- La température maximale d'un jour donné qui se note Tx.
- La température de l'instant notée T (en degré Celsius)
En raison de ce que nous avons dit sur les maximum et minimum dans une journée, le Tn et le Tx se mesurent sur des plages différentes. Le Tn se mesure ainsi entre J-1 à 18h et J à 18h. Par exemple, le Tn d'aujourd'hui sera mesurée entre hier après midi 18h et aujourd'hui 18h. Il faut comprendre l'impact de ce choix car s'il fait très froid aujourd'hui à 18h01 et que la journée de demain est caniculaire, c'est pourtant bien le Tn de demain qui sera très bas (incluant la tempérture de 18h01 d'aujourd'hui)... A savoir pour interpréter ces valuers donc !
De même, la température maximum est mesurée entre J à 6h et J+1 à 6h. C'est ici l'inverse, la maximale d'une journée utilise une plage à cheval entre aujourd'hui et demain matin.
Précipitations
On mesure la quantité d'eau tombée à un endroit précis à l'aide d'un pluviomètre. Il s'agit d'un contenant gradué muni d'une sorte d'entonoire dont la superficie est connue avec précision ce qui permet d'extrapoler les résultats par mètre carré. Le pluviomètre est lui-même une sorte de flacon transparent portant des graduations. Dans une station météo électronique l'appareil est différent, le mécanisme est basé sur une balançoire portant à chaque bout un godet calibré. Lorsqu'un godet est plein il fait descendre la balançoire, se vide et place en situation de recevoir la pluie le godet opposé. A ce moment une impulsion est enregistrée. Ce mouvement de bascule continue tant que la pluie tombe et qu'il y a suffisament d'eau pour faire basculer les godets. Si on suppose de nombreuses petites bruines dans un environnement chaud, on peut très bien avoir une situation extrème dans laquelle aucun godet n'est jamais assez plein pour basculer (un peu d'eau qui s'évapore entre deux bruines). La station n'enregistre aucune pluie alors qu'il s'agirait d'une journée parsemée de bruines... Ce cas est rarissime mais il ne doit pas faire oublier la limite de résolution des stations météo utilisant ce principe des godets (la majorité de celles qu'on trouve sur le marché).
Les pluviomètres ne savent pas mesurer les chuttes de neige qui peuvent recouvrir totalement la sonde. En météo officielle on reccueille ces chuttes de neiges qu'on fait fondre dans le pluviomète pour obtenir la quantité de pluie équivalente.
L'unité légale pour les précipitations est le millimètre par mètre carré, soit une "plaque" de 1 m de côté et de 1 mm de haut. Je vous fait grâce du calcul (fort simple) qui vous prouvera que cela est équivalent à 1 litre par m². Une pluviométrie de 16,5 mm correspond ainsi à 16,5 litres d'eau tombés sur chaque mètre carré de la zone considérée.
La pluviométrie est aussi notée RR pour Raining Rate (taux de pluie). Le RR peut être mesuré sur des plages de temps différentes et en utilisant un "pas" qui va de quelques minutes à une journée entière, voire l'année entière. Les pluies d'une journée sont notées RR24, c'est le cumul quotidien. Il est mesuré de J 0h à J 23h59 à la différence des Tn/Tx vus plus haut qui sont à cheval sur une journée légale.
Vent
Le vent se mesure avec une girouette calibrée avec une bousole. On relève la direction sur la rose des vents soit en degrés, 0° étant le nord, soit en notation plus directe telle que N pour nord, NO pour nord ouest, est.
Bien qu'inventée par un britanique pour son usage en mer, l'échelle de Beaufort a été adaptée aux mesures sur terre. Ainsi la force du vent est souvent exprimée dans cette unité alors que l'unité officielle est le mètre par seconde. Les pilotes d'avion utilisent le noeud (noté Kt, knot), les marins le Bf (vu aussi et à tort Bft, le Beaufort), mais l'unité généralement admise et relevée par les stations est le Km/h.
On notera que s'il existe une formule approximative pour mesurer le vent en Beaufort d'après une mesure en Km/h il s'agit là, historiquement et pratiquement, d'une hérésie... En effet, Francis Beaufort, Amiral de sa majesté quoi que portant un nom français, a créé sa fameuse "échelle" (dite de Beaufort) en essayant de décrire la situation d'après l'état de la mer observé sur une période de dix minutes. Les Km/h sont ainsi une mesure instantanée alors que le Beaufort est une description d'un état permanent de la mer (sur dix minutes). Parler d'un vent de 5 Bf avec des rafales à 7 Bf n'a donc strictement aucun sens mais est souvent utilisé...
Pour se faire une idée, 3 Beaufort se décrit de la façon suivante "très petites vagues. Les crêtes commencent à déferler. L'écume est d'aspect vitreux et il y a parfois quelques moutons épars", tout ça sur dix minutes. Il faut avoir le sens de l'observation !
L'adaptation de l'échelle de Beaufort à la terre donne lieu à des description du même type. Toujours pour 3 Bf on aura, sur une période de 10 minutes "Les drapeaux flottent bien. Les feuilles sont sans cesse en mouvement.". La météo est affaire d'observation et de passionnés sachant passer des heures à regarder les feuilles bouger dans les arbres, les vagues moutonner et les nuages changer de forme, cela ne peut donc se limiter à lire rapidement les quelques nombres affichés par une station météo, aussi luxueuse soit-elle...
Autres mesures
En météorologie de nombreuses autres mesures sont utilisées pour parfaire la connaissance exacte du temps et ainsi pouvoir prédire celui à venir.
Nuages
Ainsi, la forme, le nombre et l'altitude des nuages est une connaissance essentielle autant que fort poétique. La classification des nuages par type et sous type avec leurs variantes possibles est complexe et on ne peut qu'être admiratif face à un connaisseur sachant du premier coup reconnaître dans le ciel un altrostratus duplicatus d'un altrostratus radiatus !
Nébulosité
Il s'agit de la fraction de ciel encombré par les nuages, quel que soit leur type. Elle est mesurée en Octa (un huitième de ciel), de 0 (ciel dégagé) à 8 (ciel bien plombé!).
Visibilité
Elle se mesure en mètre et indique sur quelle distance au maximum le regard peut distinguer les objets et formes sur 360°. En dessous de 1 Km (brouillard) les mesures prennent de l'importance, notamment pour les prévision terrestres autant que marines. Lorsque le brouillard est dense j'entends le bac de Royan qui dans ces aller-retours vers le Verdon actionne sa corne de brume, pas besoin de regarder par la fenêtre je dispose ainsi d'un très original détecteur de brouillard sonore :-)
Pression, humidité, point de rosée, etc
Détailler avec précision la situation météo d'un lieu nécessite de nombreuses mesures différentes toutes aussi importantes les unes que les autres. L'humidité relative, la pression atmosphérique (relative et absolue), le calcul du point de rosée, le windchill (facteur vent : température ressentie à la baisse à cause du vent), l'humidex (température ressentie à la hausse en raison de l'humidité), etc, toutes ces mesures forment le cortège des relevés d'une station météo.
Conclusion
La météo ne se limite pas à regarder le spot du même nom après le journal de 20h, ni même à imprimer de jolis graphiques à partir des mesures de sa station météo. La météo est avant tout une passion, celle de la nature, celle de l'observation souvent extatique devant une magnifique formation de nuages lenticulaires éclairés par le couchant, et de tous les autres phénomènes, du plaisir de reconnaître le premier martinet du printemps dans le ciel, à celui de regarder le grain qui s'approche dans l'estuaire en passant par le simple plaisir d'écouter le bruit des gouttes d'eau de la pluie sur les feuilles d'un arbre...
De nombreux sites sont dédiés à la météo sous toutes ses formes, cherchez et surfez un peu, si vous aimez la nature vous y trouverez votre compte !