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Le Web 3.0 = Pas de Web ?

[new:30/05/2012]En attendant de pouvoir sérieusement vous parler de WinRT, je m’intéresse beaucoup en ce moment à l’avenir du développement, tant pour les développeurs que les éditeurs dans la période très troublée que nous vivons depuis deux ans. Depuis plusieurs mois je vous fais part de mes observations, de mes doutes, de mes conseils et j’espère vous aider par mes réflexions à vous forger votre propre opinion. Souvent en décalage avec la pensée unique de l’instant, mes prévisions choquent parfois certains lecteurs. Force est de constater que le Web, donc HTML, a des soucis à se faire et j’en veux pour preuve de nombreux évènements qu’il faudrait être fou d’ignorer...

Le natif remplace le Web

Ca c’est une certitude, l’avenir est aux applications natives sur les mobiles et j’en ai déjà parlé. Je renvoi le lecteur à mon billet “Mobiles : les apps flinguent le Web !” pour éviter toute redite.

Internet != Web

J’en ai parlé aussi, le Web n’est qu’une façon particulière d’utiliser Internet, au travers de logiciels spécifiques, les browsers, et de normes plus ou moins bien établies (html, Js, Css, Flash, Silverlight...).

La fin du Web n’est donc pas la fin d’Internet, bien au contraire. Internet, cette plomberie électronique planétaire est au contraire de plus en plus sollicitée par les services web, les serveurs de données OData, JSon, les applications et les données dans le Cloud, etc.

Mais il s’avère que cette sollicitation sera de moins en moins le fait des browsers et de plus en plus le fait d’applications natives, principalement sur les unités mobiles.

HTML 5, le buzz qui fait flop

J’en ai parlé longuement dans le billet “Html 5 : la tragique fin d’un buzz”. Si le Web se fait manger par les applications mobiles, ses techniques sont immédiatement ringardisées en perdant toute possibilité d’être “universelles”. Simple question de logique puisque les applications natives des mobiles ne sont pas en Html mais en C#, Objective-C ou Java.

Dès lors Html 5 ne peut prétendre atteindre l’objectif que le buzz nous serine depuis deux ans justement et qui en faisait l’unique intérêt : l’universalité.

L’avenir est aux applications mobiles, donc natives, le Web tel qu’on le connait va se recentrer sur un minimum commun pour rester vraiment universel et devenir une devanture pour les applications mobiles et celles des différents market places...

Ce Web là sera plutôt développé en ASP.NET avec du HTML 3 ou 4 et un coup d’Ajaxisation qu’en HTML 5, sable mouvant d’une norme jamais terminée et forcément implémentée différemment par les différents browsers et leurs différentes versions (Attention danger ! Coût d’écriture et de maintenance prohibitifs en vue pour ceux qui ne suivront pas ce sage conseil !).

Un avenir segmenté

Concernant les plateformes mobiles (ou non, car WinRT tournera aussi bien sur les PC que les mobiles) je vous avais proposé un petit panorama des diverses possibilités dans mon billet “L’avenir proche du développement : quels environnements pour quels produits ?”. Je ne reviendrai pas non plus ici sur cet exposé puisqu’il vous suffit de suivre l’hyperlien pour avoir l’original complet !

Cette segmentation pèse lourd s’il faut tout développer pour 3 ou 4 OS différents avec des langages et des outils différents ! Je doute qu’un seul DSI et qu’un seul patron soit d’accord pour multiplier par 3 ou 4 le nombre d’informaticiens de ses équipes et par autant ses couts de maintenance évolutive et correctrice ! Il faudra donc choisir et faire des impasses ...

Le recentrage vers des applications Cloud ou des serveurs centralisant 100% du code métier est la logique de la prudence : fabriquer des frontaux iOS, Android, WinRT ou autres n’est alors plus qu’affaire d’interfaces utilisateurs ce qui permet de contenir l’explosion des couts de réalisation et de rester plus agile pour réagir aux différents rééquilibrages et bouleversement du marché à venir.

Car le marché si illisible pour l’instant va tendre vers un nouvel équilibre qu’il est bien difficile de prévoir. Il y a donc urgence à se mettre dans la position la plus favorable possible pour aborder une mer agitée et les tempêtes qui éclateront sans crier gare !

Professionnellement, deux approches sont seules à même de permettre la réalisation de telles serveurs centralisés : Java et .NET. Bien que Microsoft pousse WinRT, il est bien évident que .NET reste dans le monde Microsoft la seule technologie sérieuse pour ce type d’applications (on voit mal pour l’instant une application serveur écrite sous WinRT, sandboxée et tombstonée ! Autant qu’on voit assez mal une mise à jour rapide des machines sous Windows server vers du Metro Style...).

Si j’ai bien entendu un penchant largement connu, et assumé, pour .NET, ceux qui choisiront Java pour reformater leurs applications en mode full server ne seront pas dans l’erreur. Ici seule l’affinité qu’on a avec la plateforme compte, elles se valent globalement du point de vue technique. Toutefois, la cohérence de .NET, sa grande proximité avec WinRT et l’ouverture sur le monde mobile que cela représente m’apparait un choix logique minimisant les couts de formation du personnel.

La mort d’Apple ?

Dans un billet fort intéressant, George Colony, patron de Forrester, un des poids lourds du consulting aux US, annoncer la fin en pente douce de Apple pour dans deux ans, en comparant sa chute à celle de Sony (Cf. “Apple = Sony”).

L’argumentation est intéressant et je vous enjoins à lire cette article.

Pour ma part je pense que Apple va chuter aussi parce qu’ils utilisent les mêmes recettes que celles qu’ils ont appliqué à l’époque du MacIntosh : des produits très en avance vendus dans un élitisme le plus total soutenu par une gouroutisation du dirigeant mais dans l'isolement le plus total. Les procès faits à ceux ayant tentés, même légalement, de fabriquer des compatibles Mac a eu pour seul résultat la chute d’Apple alors numéro 1 de la micro au profit de IBM et de tous les compatibles PC.

Apple rejoue exactement la même scène, commettant les mêmes erreurs. Une fois la concurrence à niveau, ce qui est le cas aujourd’hui (Samsung et ses machines Android est devenu ces derniers jours le 1er fabriquant de téléphones devant Nokia par exemple, Windows Phone 8 n’aura rien à envier à iOS non plus), le modèle Apple subira les mêmes défaites que par le passé. Même histoire, rejouée de la même façon. Même issue.

Mais nous restons ici dans la spéculation ce qu’il ne faut jamais oublier. Disons que l’ensemble de tout ce qui est dit ici converge vers un même point nous permettant de préparer l’avenir. Des certitudes sur le futur, cela n’existe pas.

La mort de Google et Facebook ?

On pourrait en conclure facilement que la mort de Apple laisserait un boulevard à Google qui deviendrait à terme le seul géant capable d’imposer la donne, face à Microsoft dont, pour l’instant, nous ne pouvons raisonnablement parier ni sur le succès ni sur l’échec de sa stratégie Windows 8 (puisque tout cela reste à venir).

Il s’agit encore de spéculation qu’il ne faut pas prendre à la lettre. C’est la tendance de toutes ces spéculations qui prend un sens, pas une en particulier.

Qu’est-ce qui pourrait bien tuer des géants tels que Google ou Facebook à l’horizon 2017 ?

La réponse est simple : les entreprises du web mobile qui fonctionnent sur des modèles économiques plus rentables, tout simplement...

Ce n’est pas votre serviteur qui le dit, mais Eric Jackson sur le site de l’agence Forbes...

Et ils proposent bien entendu une argumentation solide pour avancer un tel bouleversement. Il s’agit de spéculation et chacun pourra donner à cette analyse le poids qu’il veut (d’autant qu’un autre contributeur chez Forbes, Haydn Shaughnessy, nuance l’analyse de Jackson selon un autre point de vue). Mais ce n’est pas sans raison que dans ce billet j’ai tenu à rappeler d’autres de mes billets, d’autres analyses de géants du consulting mondial qui, au fil de l’eau, tracent toutes un même lit pour une même rivière : celle d’une mort du Web actuel, une mort qui bien entendu ne sera pas un “silence radio”, mais un changement de cap, un réajustement des objectifs, un recentrage des technologies, une modification des moyens en œuvre et une redéfinition des priorités.

Je vous propose de lire directement l’article fort intéressant de Challenges (en français) qui résume le billet le Jackson:  
Pourquoi Facebook et Google pourraient disparaitre en 2017”.

L’une des bases de cette analyse est qu’une génération chasse l’autre. Il y a eu la génération Netscape, Yahoo, AOL, etc entre 94 er 2001, celle du Web 1.0 qui est mort depuis longtemps.  Entre 2002 et 2009 le Web 2, le fameux Web social a vu naitre des géants comme Facebook et LinkedIn ainsi que les spécialistes des coupons comme Groupon.

Mais, je cite l’article, “Mais depuis 2010, l’internaute va progressivement se changer en mobinaute, à l’image de la profusion de nouvelles applications [natives donc, OD] créées pour l’IPhone d’Apple ou les Smartphones fonctionnant sous Android.

Si le Web 1.0 à introduit la notion de “portail” agrégeant les informations venant de nombreuses sources, si le Web 2.0 a ajouté la dimension “sociale”, le Web 3 pourrait tout simplement ne pas exister... “Car moins que la naissance d’un Web 3.0, cette révolution [des mobiles, OD] signe en fait la mort du Web traditionnel.” (sic)

Le Web 3.0 ne sera pas, HTML 5 non plus donc.

De fait, c’est tout le Web qui flanche, c’est son modèle et ses technologies, incapables d’apporter une nouveauté capable de contrer la montée massive et inattendue des applications natives sur les unités mobiles.

Si le Web n’est tout simplement plus l’avenir d’Internet, il serait bien naïf de prêter encore le moindre intérêt à HTML 5 vous en conviendrez aisément.

Un Web plus “utilitaire” naitra certainement, vitrine des applications mobiles, point d’accroche pour la publicité institutionnelle, support des blogs, bref, un Web très sage, très “pratique”, un Web “aiguillage”, un répertoire géant, loin des applications soi-disant universelles tout en arabesques tracées en SVG sur un Canvas HTML 5...

Conclusion

Dans cette période floue, chacun aimerait avoir une boule de cristal pour prédire l’avenir. Faire des choix en ayant la certitude de ce que sera la futur serait tellement simple...

Hélas, pas plus aujourd’hui qu’hier, pas plus en informatique que dans notre vie privée il n’est possible de lire l’avenir.

Est-ce à dire que tous les possibles sont ouverts et que donc on ne sait rien ?

Bien sur que  non !

Un éclaireur qui amène une troupe vers une cible bien cachée dans une forêt est-il un devin ? Non. C’est un professionnel qui sait lire les traces bien réelles, parfois tellement ténues que seul lui peut les voir, mais il s’appuie sur des faits, des indices matériels et non sur la magie.

Au travers de ces divers billets je ne veux pas être un mage, un gourou ou une madame Irma, je ne suis qu’un éclaireur qui lit les pistes. Libre à vous de me suivre ou de tracer votre route, seul au milieu de cette épaisse forêt dangereuse sans tenir compte de mes conseils, c’est votre droit le plus strict !

 

Mais pour en savoir plus : Stay Tuned !

 

Petit rappel sur quelque chose qui n’a rien à voir mais qui m’agace :

Je vois de plus en plus de gens utiliser “sic” comme une sorte d’onomatopée rigolote sortie d’une BD qui marquerait une forme d’ironie ou de regret. Je rappelle donc que “sic” veut dire “ainsi” en latin et qu’on l’utilise exclusivement pour indiquer qu’on cite une phrase exactement comme elle a été écrite ou prononcée. Donner un autre sens à “sic” c’est à coup sûr passer pour un illettré, un peu comme tordre des expressions façon Coluche “il est sorti de la cuisine de Jupiter”, “mettre des bâtons dans les trous”, “fier comme s’il avait un bar-tabac”... lui le faisait exprès pour faire rire, ne faites pas rire à vos dépens sans le faire exprès... C’était la minute du regretté Maitre Capello !.

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