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Polémique : Lettre ouverte à la Commission Européenne de la Concurrence

Marre de ces institutions délirantes ? Il faut le dire ! La dernière affaire du “ballot screen” imposé par l’Europe à Microsoft pour le choix du navigateur Internet a été la goutte d’eau qui a fait déborder mon vase… Il y a tant de sujets vraiment graves qui touchent le peuple et pour lesquels on ne fait rien. Gâcher mon argent de contribuable dans de telles billevesées est, pour ma part, un véritable scandale.

Vous me connaissez maintenant. De temps en temps j’aime bien faire un billet d’humeur, qui n’a rien de technique. C’est assez rare, mais celui-ci en fait donc partie…

Alors plutôt que de grommeler au bistro du coin ou de faire des grandes phrases au cours de repas d’amis, faites comme moi, écrivez à vos institutions pour leur faire savoir que vous n’êtes pas très content de leur travail. N’oublions jamais que ces institutions existent par le peuple, pour le peuple. C’est eux qui doivent exécuter notre volonté (démocratie) et non le contraire (fascisme).

Vous avez plus de 18 ans ? alors vous avez non pas le droit mais le devoir de voter. Ne laissez passer aucune élection, aussi petite soit-elle à vos yeux, pour exprimer vos choix et votre volonté. Même des élections locales ont une porté plus large que vous ne pouvez l’imaginez. Votez !

Ce billet n’a rien de technique … quoi que… le droit de l’informatique, celui de la concurrence entre les éditeurs de logiciels est un sujet entrant de plein droit dans le cadre de ce blog.

Et pour rouspéter, ce que je vous invite à faire sur tous les sujets qui vous concernent, le mail de la Commission Européenne de la Concurrence : infocomp@ec.europa.eu

Copie de mon mail à la Commission

Bonjour,

En tant que citoyen français, et donc bailleur de fonds permettant à la Commission Européenne de la Concurrence d’exister, je voulais vous faire savoir que je suis terriblement déçu par la décision ahurissante qui a été prise d’obliger Microsoft à offrir une mise à jour spéciale forçant tous les utilisateurs européens de Windows à procéder au choix d’un nouveau navigateur Internet.

Je m’aperçois à cette occasion que nos institutions Européennes qui nous coûtent très cher perdent leur temps, et donc notre argent, dans des dossiers n’ayant aucun rapport direct ou indirect avec une vraie défense des consommateurs alors même que d’autres dossiers urgents et autrement plus grave pour les citoyens de l’union se posent, dossiers qui devraient mobiliser l’ensemble de ses ressources (pollution, personnes sans abris, spéculation immobilière des fonds de pension américains qui rendent l’achat d’un appartement impossible sauf à être riche héritier ou trafiquant d’armes ou de drogues, gestion du déficit des états membres, protection de nos frontières contre l’immigration sauvage, protection des ressources naturelles en déclin, etc…). Et même en ce qui concerne plus spécifiquement le travail de la Commission Européenne de la Concurrence, beaucoup de dossiers bien plus urgents existent et pour lesquels rien n’est fait.

En effet, technologiquement, Internet Explorer, n’est qu’un « morceau » de l’environnement Windows. Un morceau essentiel puisque aujourd’hui se connecter à Internet est en passe d’être reconnu, même par l’Europe, comme un droit fondamental permettant d’exercer sa liberté d’information.

De tout temps les concepteurs de systèmes d’exploitation ont eu à cœur de simplifier cet accès à Internet et ont, pour la plupart, intégré de longue date un navigateur dans leur OS. Microsoft l’a fait avec Internet Exploreur, Apple l’a fait avec son propre navigateur Safari, les différentes versions de Linux le font aussi lorsqu’elles tentent d’offrir la simplicité d’utilisation qui a fait le succès des deux précédents…

Dès lors je me pose tout de même la question de savoir pourquoi Apple ou les divers fournisseurs de Linux ne sont pas tenus à la même obligation que Microsoft ?

Il s’agit là d’une discrimination caractérisée. Quels que soient les fondements de la décision de la Commission, en ne faisant appliquer celle-ci qu’à Microsoft elle créée un déséquilibre grave dans le jeu de concurrence. En effet, les utilisateurs de Windows, qui sont tous loin d’avoir le niveau technique pour comprendre ce qui se passe, se verront devant un choix qu’ils ne maîtrisent pas et qui les plongera dans le doute (les enfants, les grands-parents qui possèdent un petit PC, etc).
En rendant l’usage de Windows plus compliqué, plus contraignant, la Commission s’engage sur une voie brouillant le jeu de la concurrence plus que le clarifiant, ce qui dépasse de loin ses attributions. Attributions qui sont celles que nous, peuple d’Europe, lui fixons et non celles qu’elle décide unilatéralement. A moins que tout cela ne signifie déjà que nous ayons abandonné nos souverainetés nationales et démocratiques pour une dictature européenne ? Et c’est un citoyen « pro Europe » qui vous le dit ! Imaginez ce que pensent les extrémistes de tout bord !

Quoi qu’il en soit, en prenant cette décision, la Commission, en dehors d’avoir outrepassé ce que le citoyen attend d’elle, outre d’avoir brouillé le jeu de la concurrence d’une manière proche de l’illégalité vis-à-vis des règles du commerce international, a surtout fait montre d’une incompétence complète dans la gestion technique du dossier.

En effet, à partir de quand considère-t-on qu’un logiciel fait, de plein droit, partie intégrante ou non d’un système d’exploitation ?

Prenons l’exemple de la Calculatrice. Elle est, fonctionnellement, totalement inutile au système d’exploitation. Mais elle rend son utilisation plus pratique pour l’utilisateur qui ne sait pas qu’il existe des centaines de développeurs et d’entreprises qui, dans le monde, proposent, gratuitement ou à la vente, d’autres calculatrices, souvent plus perfectionnées que celle livrée de base.

Pourquoi ne pas forcer Microsoft, après le navigateur Internet, à proposer un écran de choix pour l’installation de la calculatrice ? En ne le faisant pas la Commission semble donc considérer que seules les sociétés éditrices de navigateurs Internet ont des droits ? Les autres éditeurs de logiciels n’en ont donc aucun ? Ce qui est injuste pour Firefox ou Chrome ne l’est pas pour les centaines de calculatrices concurrentes de celle intégrée dans Windows ? Totale aberration ! Surtout sur le plan juridique !

Sur quelles bases sérieuses, juridiques et techniques, le navigateur Internet se voit il traiter autrement que toutes les autres briques logiciels intégrées dans les systèmes d’exploitation ?

Après tout, on pourrait aussi imposer à Microsoft de donner le choix, après le navigateur, après la calculatrice, de celui du bloc-notes (des tas d’entreprises ou de développeurs indépendants en proposent d’autres souvent plus intéressants) ! Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi, au nom de la concurrence, ne pas imposer lors de l’installation de Windows le choix même du noyau du système ? L’utilisateur qui vient d’acheter Windows pourrait ainsi opter pour un noyau Linux, Unix ou autre… Et l’affichage ? il existe des dizaines de façon d’afficher l’information sur un ordinateur, cela est géré par un bloc bien spécial et éventuellement interchangeable. Un autre choix pour permettre l’utilisation de Gnome, KDE, QT ou autre à la place du système d’affichage de Windows ?

On nage en plein délire. Technique et juridique.

La Commission, par souci de cohérence, est-elle prête à faire de même pour les voitures, les avions, les bateaux ? Est-il normal que lorsque j’achète une voiture neuve je me vois imposer un autoradio spécifique et que je ne puisse pas choisir la marque qui a ma préférence (sans rien débourser de plus) ? Est-il logique que si j’acquiers un bateau je puisse me voir imposer un certain type d’équipement (sécurité, communication) sans pouvoir choisir totalement la marque et le modèle de chaque élément, et bien entendu sans aucun surcoût puisque c’est ce que vous avez exigez de la part de Microsoft ! ?

En agissant comme elle l’a fait dans ce dossier, la Commission Européenne, noble institution en qui chaque citoyen d’Europe fonde de nombreux espoirs, s’est montrée injuste, incompétente à comprendre les dossiers qu’elle traite, et créant de fait une situation de déséquilibre dans le jeu de la concurrence. Plus grave, elle creuse le gouffre d’incompréhension qui la sépare de jour en jour des citoyens qui nombreux, et quel que soit le pays de l’Union, se demandent si nous ne sommes pas en train d’installer une dictature technocratique en place et lieu de nos démocraties ! On comprend mieux les difficultés à donner plus de pouvoir encore à l’Europe rencontrées lors de certaines ratifications par référendum !

Nous, citoyen d’Europe, attendons de nos institutions qu’elles nous protègent et nous défendent et non qu’elles se perdent dans des débats partisans et technique que ces membres ne comprennent pas.

Par exemple, pourquoi la Commission ne sanctionne-t-elle pas les constructeurs informatiques tels que Dell ou Acer qui obligent le consommateur à acheter une licence Windows pour tout ordinateur, alors même que ces ventes forcées sont interdites par les lois européennes ? Au lieu de s’acharner sur Microsoft jusqu’à cette lamentable affaire de navigateur Internet, il y a mille dossiers plus urgents dans lesquels le citoyen consommateur est floué ! Et que fait la Commission ? Rien !

L’incompétence de la Commission se retrouve donc jusque dans la priorisation des urgences des dossiers à traiter qui n’est pas même respectée.

Il ne faudra pas s’étonner qu’avec tout cela le citoyen se désintéresse des affaires européennes et que les extrémistes, les nationalistes de tous nos pays fassent de très beaux scores dans les élections des années à venir…

C’est une situation bien triste, c’est la salissure d’un rêve magnifique et humaniste, une grande Europe forgée démocratiquement et non par la force des canons, que par ses agissements ubuesques la Commission enterre un peu plus chaque jour.

Pour l’Européen convaincu que je suis, c’est un constat bien amer, qui se payera forcément dans les urnes.

<..formule de politesse..>

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