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Windows Phone : Eviter que la nasse ne se referme !

[new:30/09/2014]Le succès relatif de Windows Phone est connu de tous, mais les chiffres sont encore plus cruels que ce lieu commun… La vraie question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment éviter que la nasse ne se referme sur un produit pourtant exceptionnel ?

Un cri d’amour avant tout !

Le présent article doit être compris comme un cri d’amour avant tout ! J’aime Windows Phone et je veux son succès. Il s’agit donc ici non de dénigrer pour le plaisir et même si je n’y suis pas tendre parfois pour Microsoft c’est en tant qu’ami qui se doit de dire la vérité pour que les choses changent. Très sincèrement je trouve Windows Phone supérieur à ses concurrents. Mais ses parts de marché ne reflètent justement pas cette réalité et cette situation qui se dégrade encore ne peut durer encore longtemps avant que la nasse ne se referme. Il faut réagir. Maintenant.
Et pour cela il faut faire le point de cet échec, ses raisons, et ce qu’on peut changer pour éviter le pire.

Windows Phone un long désamour

L’histoire de Windows Phone est hélas linéaire et constante : c’est un long désamour depuis sa sortie jusqu’à ce jour.

Windows Phone 7 fut un flop dès sa sortie en novembre 2010. Annoncé le 15 février de la même année le retard énorme de sa disponibilité fut déjà un mauvais départ. Pourtant Microsoft savait faire de l’OS embarqué avec Windows Mobile bien avant que Google ou Apple ne s’inventent en hérauts de l’informatique mobile !

Rappelons que Windows Mobile 6.5 fut releasé en 2009 au World Mobile Congres. Et surtout n’oublions pas Pocket PC sorti en 2000 père de Windows Mobile. Des années avant la sortie de l’iPhone 1 (janvier 2007) et bien avant la version 1.0 de Android (23 septembre 2008)…

Comment ces 7 ou 8 années d’avance n’ont-elles pas données un avantage certain à Microsoft alors numéro un mondial de la micro-informatique ?

Pour certain c’est un mystère. Pour d’autres une évidence…

Comment Windows Phone aurait-il pu naitre plus tôt et être mieux doté alors qu’il a été conçu par une entreprise dont le CEO de l’époque, Ballmer, disait en 2007 de l’iPhone qui venait de sortir (sur un ton sûr et moqueur selon sa finesse habituelle ) :

"Five hundred dollars fully subsidized with a plan! I said that is the most expensive phone in the world and it doesn't appeal to business customers because it doesn't have a keyboard, which makes it not a very good email machine .... I like our strategy. I like it a lot....Right now we're selling millions and millions and millions of phones a year, Apple is selling zero phones a year. In six months, they'll have the most expensive phone by far ever in the marketplace and let's see ... let's see how the competition goes." (Steve Ballmer, Janvier 2007).

En gros pour nos amis lecteurs qui n’aiment pas trop l’anglais, Steve Ballmer se moquait méchamment de l’iPhone en disant qu’Apple avait créé le téléphone le plus cher de l’histoire et que ça se marcherait pas car il n’y avait même pas de clavier pour faire des mails… Pour Ballmer les “smartphones” ne pouvaient en aucun cas générer le moindre business…

On sait à quel point ce grand visionnaire a eu raison !

Comment s’attendre alors à ce Microsoft soit en capacité de créer un smartphone et surtout de le vendre correctement ?

Depuis quelques mois les dirigeants successifs (Gates / Ballmer) nous ont joué le duo de danse bien connu entre Poutine et Medvedev mais avec une variante désormais dont le nom est Satya Nadella, On fait semblant d’en enlever un pour remettre l’autre qui prend le premier comme ministre et on recommence. Ici le tour de passe de passe c’est que ceux qui ont pris de si mauvaises décisions pour Microsoft pendant si longtemps sont ceux qui ont choisi le nouveau CEO…

On prête à Albert Einstein (comme beaucoup de choses qu’il n’a jamais dites, mais c’est tellement mieux de citer ce bon Albert que monsieur Durand !) “Il ne faut pas compter sur ceux qui ont causé les problèmes pour les résoudre”.

Einstein ou pas c’est frappé au coin du bon sens.

Le coup du nouveau Ballmer n’ayant pas marché, c’était trop gros, Microsoft nous propose Nadella qui lui veut faire du “mobile first”. Il va y en avoir du travail monsieur Nadella pour que ce rêve devienne réalité ! Car pour l’instant c ‘est pure fantaisie…

Vous avez dit Metro ?

imageEt bien ne le dites plus ! Windows Phone a été lancé avec cette géniale idée d’un design épuré appelé Metro pour souligner son côté urbain, mouvant, axé sur une signalétique simple et accessible, l’échange avec autrui, et plein d’autres concepts fabuleux. C’était vraiment un chouette nom.

Microsoft disait d’ailleurs pour définir ce terme et la technologie qu’il représentait :

"Metro is our design language. We call it Metro because it's modern and clean. It's fast and in motion. It's about content and typography. And it's entirely authentic"
Metro est notre langage de Design. Nous l’appelons Metro car il est moderne et épuré. Il est rapide et en mouvement. Il est axé sur le contenu et la typographie. Et il est entièrement authentique. (Extrait comme l’encadré sur fond noir plus haut du petit livre Metro publié et distribué aux participants du MIX10).

Avant de connaitre la suite rappelons que Microsoft a été fondé par Bill Gates dont la mère était juriste. Et que la taille prise par l’entreprise ensuite fut telle qu’un service juridique permanent fut créé et existe toujours comme cela se pratique dans toutes les sociétés de bonne taille.

C’est là que ça devient drôle… Metro AG (groupe Metro) qui est connu de tout le monde notamment pour ses enseignes de vente en gros, sa couverture d’une trentaine de pays d’Europe, d’Asie, d’Afrique… bref ce n’est pas l’épicier du coin, découvre en 2012 que Microsoft exploite depuis 2010 le nom Metro pour le design de ses smartphones mais aussi de Silverlight, de WPF, etc… Suite à un arrangement Microsoft pataugera des mois pour trouver un nom de remplacement (Windows Store Style, Modern UI, etc, on ne sait plus très bien d’ailleurs).

On peut penser que l’épicier s’est tâté, a consulté ses avocats et a longuement réfléchi avant d’attaquer la plus grosse société d’informatique du monde ce qui explique le petit délai…

Mais côté Microsoft comment est-il diable possible que le service juridique de Microsoft n’ait pas eu connaissance d’une telle enseigne de 22.000 points de vente environ et qu’aucune recherche d’antériorité ne fut faite sur le nom utilisé avant de le déposer ? … C’est une base du business connue de tous les éditeurs de logiciels. Personne chez Microsoft pour faire une vérification ? Qu’on les vire tous et non les 18.000 personnes qui partiront avec un savoir-faire réel ! D’autant que la mésaventure est arrivée d’autres fois sur d’autres noms de produits aussi incroyable que cela puisse paraitre ! Microsoft fait des charrettes gigantesques ? Et bien c’est l’heure d’ajouter quelques noms sur la liste et de faire plus d’économies que prévu ! Une autre preuve de cette incompétence : Savez-vous que SkyDrive utilisé longtemps est un nom perdu encore une fois par Microsoft, le produit s’appelant aujourd’hui OneDrive (procès perdu contre British Sky Broadcasting en juillet 2013) ? Trouvez-vous cela “responsable” venant d’une entreprise de cette taille ?

Microsoft se rétractera en disant que Metro n’était qu’un nom de code utilisé en interne… Après la déclaration citée plus haut et le magnifique catalogue au nom de Metro publié pour le MIX10 (47 pages dans le pure style Metro), on sent bien qu’on essaye grossièrement et sans tact de se payer notre tête… D’ailleurs ils ne communiqueront pas sur la perte du nom SkyDrive mais cela sort de mon sujet du jour qui est Windows Phone. Quoi que pour une société qui se définit comme “mobile first”, ça commence très mal, et pour le “cloud first” perdre le nom de son Cloud c’est ballot tout de même ! Pourquoi avoir maintenu Ballmer si longtemps ? Parce que Gates était d’accord avec tout… Il n’y a pas de mystère, quand on n’est plus dans le coup il faudrait savoir s’effacer pour de vrai. Pourtant c’est encore Gates et Ballmer qui ont mis en place le nouveau CEO… On a donc de sérieuses raisons d’avoir peur pour l’avenir.

Une complexité à toute épreuve

Comprenez à l’épreuve de toutes les bonnes volontés !

imageEn effet, là où les choses sont simples avec Apple et encore plus déconcertantes avec Google et son Android (branchez votre unité sur la prise USB, ça y est vous pouvez développer !) développer pour Windows Phone relève du parcours du combattant, même aujourd’hui.

A l’époque de Windows Phone 7 j’ai du contacter le service technique de Microsoft qui a mis plus d’un mois à trouver pourquoi mon Nokia ne voulait pas s’enregistrer sur ma machine de développement tellement la procédure était complexe ! Hélas quand ils m’ont donné la réponse ça faisait longtemps que le client intéressé ne l’était plus…

On se dit ce sont les débuts, l’erreur est possible.

Non. Regardons aujourd’hui : pour développer il faut absolument un Windows 8.1 totalement à jour, mais attention en 64 bit, et ce n’est pas tout, en licence PRO. Quand à Visual Studio il vous demande sans cesse de vous connecter, de vous faire reconnaitre. Pire l’association du téléphone avec le PC est toujours obligatoire (même si elle marche mieux). Hélas le SDK oblige à activer Hyper-V qui prend le contrôle au boot. Beaucoup de programmes ne marchent pas dans cette configuration, à commencer par HAXM l’accélérateur de l’émulateur Android produit par Intel. Coïncidence ? Malveillance délibérée ? Pourquoi obliger Hyper-V quand tous les autres émulateurs fonctionnent sans (même celui de WinRT) ? Pourquoi rendre complexe, cher et incompatible des outils et procédures qui découragent les développeurs ? Alors que dans le même temps on donnait dans la démagogie du support de HTML 5 pour attirer des développeurs ! ? WTF ?

Quand j’ai ouvert mon compte développeur à l’époque de Windows Phone 7 j’ai mis plusieurs jours à comprendre les nombreux documents uniquement en américain qu’il fallait remplir pour des raisons fiscales. Une complexité telle qu’un comptable que j’avais consulté en renfort pataugeait tant qu’il ma dit de me débrouiller tout seul…

Quand j’ai ouvert mon compte développeur chez Google, l’opération a duré quelques minutes, que des questions simples, claires. Et un prix nettement inférieur !

Après cela si vous avez encore le temps et l’envie de développer pour Windows Phone, même en tant que MVP c’est que vous avez une foi inébranlable qui fait passer pour un libertin anarchiste le moine Shoalin le plus mystique du Tibet !

Oui mais…

Tous ces problèmes sont artificiels. Le produit n’est pas concerné, c’est sa vente et tout ce qui l’entoure qui l’est. Ces problèmes sont le pur produit de l’incompétence, celle de gens qui sont visiblement sont payés trop chers pour le travail qu’ils fournissent si mal. Mais ces gens là ne sont pas à la production chez Microsoft. Heureusement et hélas. Je serai moins fâché de voir de mauvais produits bien vendus que l’inverse qu’on constate…

Car il y a un “mais” sinon je ne parlerais plus de Windows Phone depuis longtemps (et je dois bien être l’un des tous derniers à le faire d’ailleurs !).

Ce “mais” c’est la qualité de Windows Phone, de l’OS, sa fluidité même sur de l’entrée de gamme là où des 4 cœurs rament avec Android. Le tout en faisant tourner la plateforme .NET avec C# et XAML puisqu’il s’agit de Silverlight (nom toujours utilisé même en Windows Phone 8). Et la convergence avec Windows et les API WinRT est une merveilleuse idée qui prend du temps mais qui reste un atout indéniable sur la concurrence.

Beau, simple, performant bien que totalement en vectoriel (XAML), l’OS de Windows Phone est presque parfait. L’énorme travail de Nokia sur la gamme Lumia a aussi permis de renforcer quelques lacunes (cartographie ou photographie par exemple).

Et ce “mais” ne s’arrête pas là puisque le tooling autour de Windows Phone est le plus beau qu’on puisque imaginer : Visual Studio qui enterre tous les EDI concurrents, Blend qui reste un OVNI luisant au firmament des bonnes idées, la plateforme (.NET) puissante, objet, complète, le langage (C#) moderne et élégant, etc…

Toute la technique dans un Windows Phone et autour d’un Windows Phone est une pure merveille comparée à l’effroyable Cocoa de Apple et à l’abomination des nine-patchs et autres découpages d’images façon site web des années 80 de Android et ses cent milles sous-répertoires pour toutes les combinaisons de versions d’OS, de résolutions, de tailles écran, de RAM, d’orientation… etc. Un foutoir innommable. Sans parler de leur “java” qui n’a même pas le droit de s’appeler comme ça (décision de justice après procès d’Oracle).

Tous ces “mais” ne peuvent se terminer en eau de boudin, en flop gigantesque. Cela serait trop bête. Et pourtant la situation est grave !

Windows Phone s’enfonce dans les stats…

Si je parle aujourd’hui c’est que la situation est catastrophique. Il faut une réaction à la hauteur. Microsoft a la chance d’avoir un nouveau CEO qui en dehors de quelques annonces ronflantes et un plan de licenciement gigantesque n’a encore rien fait. Il est “neuf” et peut donc dire ce qu’il veut sans avoir l’air de manger son chapeau même si c’est le contraire de ce que disait Ballmer (qui avec Gates lui tiennent les rênes bien courtes, ce qui va rendre la chose difficile, si tant est qu’il veuille le faire !).

Il va falloir trouver quelque chose de vraiment géant. Dire “mobile first,  cloud first” partout c’est rester dans l’incantation stérile, la méthode Coué. Virer des milliers de gens c’est perdre du savoir faire. Il reste donc du pain sur la planche pour que Satya Nadella deviennent enfin le patron incontesté de Microsoft : qu’il sauve Windows Phone. Sinon commencera pour Microsoft ce qui se passe ailleurs, la valse des CEO sans que les choses ne changent vraiment.

Ce bon Docteur Statistique vient en effet de de nous confier un bien mauvais bilan de santé pour le patient Windows Phone. Son état s’aggrave, son pouls ralenti exagérément, son électroencéphalogramme s’aplatit comme une crêpe bretonne et ses forces le quitte comme l’eau d’une baignoire trop pleine dont on ôte le bouchon de vidange…

A force de descendre dans les statistiques, ce bon vieux (et oui déjà !) Windows Phone va finir par trouver du pétrole ! A moins qu’il n’explose en profondeur dans une dernière tentative de fracking qu’on peut prévoir hélas infructueuse…

Car que nous disent ces chiffres félons ?

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Le second trimestre 2013 et 2014 sont comparés. A la fois en volume (moitié supérieure) et en pourcentage de marché (moitié inférieure).

Dans l’année écoulée Android est passé de 80.2 à 84.6% de parts de marché ! Soit un gain d’environ 5,2 % ce qui reste impressionnant eu égard au fait de sa position déjà largement dominante qui devrait avoir tendance à tasser sa progression.

Apple trinque un peu des performances du premier de la classe car ses parts passent de 13,4% à 11,9%. Il n’en sont pas à trouver du pétrole mais ça va venir à ce rythme.

Microsoft, et malgré la feinte un peu grossière qui tient compte des Windows Mobile encore en circulation et des Windows Phone 7 totalement incompatibles avec Windows Phone 8, passe de 3.8% à 2.7% du marché

Seul Blackberry avec 0.6% fait moins bien (et de la peine) et les “autres” à 0.2% qui restent constants.

On peut se dire que la situation est exceptionnelle pour Google puisque tout le monde semble avoir baissé. Semble est un mot judicieux. Car si on regarde en unités vendues, Google a bien progressé de façon spectaculaire, mais Apple a vendu 4 millions d’unités de plus que l’année dernière ! Tout en reculant en pourcentage car le marché reste dynamique et qu’ils le sont globalement moins que lui.

Et pour Windows Phone ? 900.000 unités de moins vendues. Aie. Sur 8,9 en 2013 il n’en reste que 8. soit une chute vertigineuse de 10,11 % C’est énorme. Windows Phone a chuté deux fois plus fort que Google n’a avancé en pourcentages !

On le voit, à ce rythme là d’ici un an ou deux il ne restera plus que les archives de Dot.Blog pour que quelqu’un se souvienne de Windows Phone.

L’heure est donc grave.

Comment remédier à cette amère situation totalement injustifiée du point de vue technique et qualitatif ?

Des idées pour que vive Windows Phone

Bien humblement, tel le vermisseau conscient de sa petitesse vis-à-vis des visionnaires planétaires qui dirigent Microsoft, je me permettrais, après mille courbettes d’excuses, d’oser sans outrecuidance je l’assure, de proposer une liste de choses à faire assez vite si c’était possible pour tenter d’éviter que le si beau slogan du “mobile first” ne se transforme en un infamant et pornographique “mobile fist” (… fu*) !

1 – Simplicité

  • Plus d’enregistrement compliqué et fastidieux des mobiles. On branche le câble USB et çà marche tout de suite. N’ayez par peur nous n’envahirons pas le monde d’applications avec notre PC portable sous le bras sans passer par le Store ! ça sera juste plus facile pour développer.
  • Un enregistrement du développeur simplifié, en français, en un écran.
  • Suppression de l’obligation de Hyper-V et création d’un émulateur qui peut s’en passer, comme tout le monde.
  • Suppression de l’obligation d’être en Windows 8.1, on doit pouvoir développer en Windows 7 qui représente une part énorme du parc Windows aujourd’hui.
  • Suppression de l’obligation d’être en 64 bit. Cela doit être optionnel.
  • Suppression de l’obligation d’avoir une licence PRO. Techniquement rien ne le justifie.

 

2 – Gratuité

  • Quand on est le challengeur on se conduit comme tel. Apple et Google font payer l’enregistrement du développeur ? Microsoft doit le faire gratuitement. L’argent viendra sur les pourcentages pris sur les ventes ou plus tard quand le succès sera là.
  • Appliquer un pourcentage sur les ventes qui soit celui d’un challengeur (réalité) et non de seigneur dominant (fantasme), donc être systématiquement 50% en dessous du compétiteur dominant (Google) pour attirer les développeurs et rendre l’enrôlement des éditeurs d’apps plus attractif que la concurrence.
  • Proposer systématiquement pour tout abonné MSDN ou tout professionnel pouvant le justifier un prix de 50% inférieur au marché pour toute machine de développement. Pas de cashback, un prix tout de suite. Nokia appartenant à Microsoft désormais l’entreprise peut décider ce qu’elle veut pour faciliter le développement et la diffusion de ses machines auprès des pros.
  • Un quota de machines systématiquement offertes aux développeurs pour tirer partie des nouveautés. 

 

3 – Satisfaction de l’utilisateur

  • On va faire simple : comme pour le bureau de W9 (on l’espère en tout cas) il faut virer les tuiles qui sont maudites ! Tous les produits sortis avec menu à tuile ont été des flops. Arrêtons le massacre. Il faut donner à Windows Phone un bureau classique et laisser les éditeurs d’apps créer des programmes pour changer le thème. Les gens adorent ça, faisons-leur plaisir, et ils sont près à payer en plus ! Certains choisiront les tuiles et c’est bien. La majorité finira même par y revenir peut-être. Mais entre temps ils auront acheté et seront heureux de choisir eux-même leur bureau. Les tuiles bloquent les ventes tout simplement, partout où cette interface a été utilisée.
  • Payer s’il le faut pour que les applications les plus populaires et les plus utiles soient portées sous Windows Phone. Ce n’est rien si on compare aux économies des 18000 licenciements ou au 900 millions de dollars passés en pertes et profits pour méventes de Surface RT version 1…
  • Offrir un Office Windows Phone, qui comme la cartographie unique de Nokia donnera au client toutes les raisons d’acheter du Windows Phone.
  • Garantir que les prix des applications sont toujours dans la moyenne des produits équivalents chez la concurrence. Les prix actuels du Store sont trop chers. Quand on est “cloud first” on doit pouvoir sniffer le catalogue des deux principaux concurrents et établir un prix moyen proposé lors de l’enregistrement d’une app par le développeur restant libre d’accepter ou non. Il faut inciter des prix compétitifs et non l’inverse.
  • Proposer des listes dans le Store classées par prix décroissant (favoriser ainsi le bon choix du développeur à l’étape précédente sans forcer personne, ne pas être cher c’est être mieux classé dans le Store).
  • Favoriser la gratuité des programmes, le succès d’Android vient aussi de cela on ne peut en aucun cas rejeter ce fait d’un retour de manche. Il faut donc mettre en place un autre modèle économique sur le Store. Par exemple attribuer un revenu minimal par download à toutes les apps gratuites : elles font vendre des machines ! (sans imposer de publicité bien entendu, cela dégrade l’UX affreusement).
  • Supprimer du Store les applications mal traduites, bancales, les essais de développeur (c’est vraiment voyant) qui ne riment à rien. Avoir un Store propre et alléchant (et pas seulement le faire pour la partie Jeux).

4 – Protection

  • Si juridiquement il est normal que le Store, simple “revendeur”, ne protège ni le nom ni le contenu des apps, vu que les bonnes idées sont immédiatement repompées offrir justement une protection juridique à tous les développeurs présents sur le Store. Cette protection couvrira le nom de l’application (sous réserve des preuves d’un dépôt à l’INPI) et son contenu (contrefaçon). Il est impossible d’investir des dizaines de milliers d’euros dans une application pour qu’elle soit recopiée par un américain, un chinois ou un slovaque. Comment un développeur ou même un petit éditeur pourrait-il payer des avocats et des procès aux 4 coins du monde ? C’est impossible, ça fait peur à juste raison, Microsoft par sa taille doit offrir cette protection qui le démarquera de ses concurrents (quitte à passer par les services d’un acteur tiers présent dans le monde entier). Il ne s’agit pas de se substituer à la justice mais d’assister et protéger pour inciter la création.
  • Protection systématiques des données personnelles. Microsoft doit favoriser un service de mail crypté, Skype qui appartient à Microsoft doit être aussi crypté, le contenu du phone doit être crypté par défaut, le compte Live servant de clé de dé/verrouillage même à distance. Un téléphone perdu doit être inactivé par son propriétaire à l’aide de sa clé. Il s’agit ici de rassurer les professionnels autant que les particuliers soucieux de leurs données, c’est à dire offrir au client ce qu’il attend et que la concurrence ne fournit pas.

 

5 – Ouverture

  • Ouverture aux entreprises d’abord. C’est le socle fidèle de clientèle de Microsoft. Pourquoi Windows Phone 7 a-t-il été lancé sans aucune possibilité de distribuer des apps internes ? Pourquoi cela semble encore si compliqué avec WP 8 ? Simplifions, simplifions, simplifions !
  • Ouverture d’une UX à l’écoute des utilisateurs. Les tuiles sont peut-être géniales mais en matière de Design n’est génial que ce qui se vend… Il faut cesser cet enfermement du “on a raison ils ont tous tort”.
  • Pourquoi pas ouvrir l’OS en Open Source et le rendre gratuit. Microsoft n’en est plus à gratter quelques dollars, il s’agit de sauver la boîte. Car si le “mobile first” se transforme en citrouille… Nulle doute que tout le reste suivra.

 

Conclusion

Windows Phone est le meilleur OS mobile. La gamme Lumia propose des modèles très attrayants et fait largement le jeu avec la concurrence. Le tooling pour le développeur est au-delà de ce que cette dernière propose. L’UX, en dehors des tuiles (c’est sympa c’est juste que ce n’est pas vendeur) est très agréable et toutes les personnes ayant testé un Windows Phone s’accordent à le dire sans problème.

Bref, Widows Phone est le meilleur ! … Oui mais ses ventes son insignifiantes et elles plongent, elle plongent …

Comment le meilleur produit peut-il être tant sous-vendu, sous-estimé ?

N’y aurait-il pas des blocages stupides, des arrogances voire, qui éloignent les développeurs autant que les clients ?

Et si on appliquait ma liste de conseils (qu’on peut certainement améliorer) et qu’on le faisait savoir par une campagne publicitaire à la hauteur dans une dernière bataille à mener avant de dire qu’on a perdu la guerre ?

Satya Nadella ne doit pas lire Dot.Blog, mais je sais qu’il y a des gens de Microsoft qui le lisent, en France et ailleurs dans le monde. Se pourrait-il qu’ils puissent faire passer le message ?

Je les en remercie d’avance. La perte de Windows Phone ne serait pas seulement un gâchis cela sonnerait certainement la chute de Microsoft tout entier.

J’aurais des choses plus amusantes à dire dans le prochain billet alors … Stay Tuned

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