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Ballmer : Enfin c’est fini ! (presque)

[new:30/08/2013]Je le réclamais de mes vœux depuis longtemps, ma position sur ce point est sans mystère et sans aucune incompatibilité, bien au contraire, avec mon engagement auprès de Microsoft. Il fallait bien que cela arrive, pour le bien de Microsoft : Ballmer tire sa révérence, enfin !

Ballmer/Sinofsky l’histoire d’un échec

Deux personnages étranges, l’un se prenant pour Steve Jobs sans lui arriver à la cheville, l’autre se prenant pour Bill Gates sans son intelligence… L’un se voyant remplacer l’autre à la tête de Microsoft, l’autre se croyant capable de gouverner un navire sans connaitre la navigation.

Cela ne pouvait tourner qu’à l’échec.

Le dire maintenant c’est facile. Sauf que je l’ai toujours dit.

Et à l’annonce du départ prochain de Ballmer, Wall Street a fêté ça à sa façon : l’action Microsoft, loin de plonger, prenait 10 % !

Comme quoi, nous étions peu à oser parler de l’incompétence de ce couple infernal, mais beaucoup à le penser : Ah les fourbes ! Me faire passer pour un méchant alors qu’ils dansent déjà sur le cadavre encore tiède de celui qu’ils encensaient encore hier…

D’ailleurs même les titres de la presse sont acides :

Steve Ballmer poussé vers la sortie (Le Figaro), c’est pas très tendre.
Steve Ballmer l’atypique patron qui a construit et égaré Microsoft (L’expansion), ça aussi c’est pas très gentil !
Steve Ballmer cède à la pression (BFMTV),
Etc, etc…

Tous présentent ce départ comme une fin inéluctable sanctionnant un manquement. J’étais le seul à la dire, bizarrement ils le pensent tous aujourd’hui… Bon, l’essentiel me direz-vous c’est d’avoir vu juste. C’est vrai que certains pourraient en sentir leur égo renforcé, moi ça m’attriste d’avoir eu raison, j’aurais préféré que MS entendent nos inquiétudes et que Ballmer revienne à la raison. Car loin de me soulager, ce qui s’annonce devant nous est encore plus terrifiant que ce qui vient de se passer.

Le départ de Sinofsky a été un soulagement temporaire car tant que Ballmer restait rien ne pouvait changer. Et rien n’a changé : Larson Green n’est qu’une pâle copie en jupe et muette de Sinofsky. il fallait que la tête tombe pour que le renouveau s’installe.

Ce n’est hélas pas encore fait, car trouver le prochain CEO de Microsoft ne sera pas facile. A tel point qu’une cellule spécialisée a été mise en place pour chercher l’oiseau rare.

Un tâche immense attend le prochain CEO

Redonner de la cohérence au discours, redonner confiance aux entreprises, trouver enfin une solution qui plaise au grand public, reprendre la main sur les OS pour PC avant qu’Android ne vienne manger ce marché là aussi, arriver à créer un OS mobile qui plaise et qui fasse vendre de la machine, redonner espoir… C’est presque le Messie qu’on attend !

Wait & see

Il n’est pas encore l’heure de sabrer le champagne… D’abord l’homme (ou la femme) providentiel est loin d’être trouvé, et ensuite parce que durant cette longue période d’errance qui s’ouvre devant nous la confiance en Microsoft va encore baisser : personne ne voudra investir sur des technologies qui seront peut-être balayées par la prochaine Direction !

L’effet de cette annonce est donc plutôt négatif pour l’instant, et c’est un instant qui va durer… Mieux vaut s’y préparer psychologiquement !

Un coup à la Borland

Lorsque Borland (aujourd’hui disparue) avait annoncé la “vente de ses EDI” (dont le fameux Delphi) la pagaille a été telle que de caribe en sylla la société disparut pour toujours. Quelle crétinerie ! Pourquoi ne pas avoir annoncé cette vente une fois un acquéreur sûr sous la main ? L’année qui se passa entre cette annonce et le rachat réel fut un désastre destructeur qui eut raison de la marque et fit passer Delphi dans le camp des fantômes du développement.

En annonçant son départ aujourd’hui sans qu’aucun successeur ne soit déjà choisi Ballmer nous rejoue la même scène… Il se passera peut-être un an avant qu’un nouveau CEO soit nommé, et combien de temps ensuite pour qu’il imprime son empreinte, fasse des annonces et que les produits soient développés et mis sur le marché ? un an ou deux de plus au bas mot. Microsoft n’est pas une épicerie de quartier à laquelle on peut juste mettre une banderole “changement de direction” ! Microsoft, quels que soient ses déboires de l’instant, reste une entreprise gigantesques produisant des logiciels de grande qualité qui demandent des années et des années/homme de travail. On ne change pas les choses par l’annonce d’une nomination, il faudra du temps pour que le nouveau CEO rebâtisse ce qui a été détruit et fixe un nouveau cap fiable. Les entreprises attendront qu’il fasse ses preuves, que les nouveautés en soient à leur SP2 ou 3 pour les adopter ! Combien d’années cela fait ? Deux, cinq ou six ?  
Même dans le choix de son départ Ballmer est une catastrophe pour Microsoft !

Cette annonce de départ, saluée même par la Bourse (les traitres !), ne va-t-elle pas se transformer en une longue traversée du désert, en une attente affreuse et destructrice durant laquelle plus personne ne voudra investir sur les technologies Microsoft sans avoir au moins connaissance des axes de développement choisis par le successeur de Ballmer ?

Je ne suis pas le seul à le penser, c'est en substance ce qu'on comprend de cet article de Boursorama Microsoft: avenir flou après le départ de Ballmer.

C’est là que le drame va peut-être se jouer…

Qu’en retenir pour les mois à venir ?

Le départ, ou l’annonce de départ, d’un mauvais capitaine est toujours une bonne nouvelle, encore faut-il que le navire rentre au port et qu’un nouveau capitaine soit nommé et fasse ses preuves !

Oh! Combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis ?
Combien ont disparu, dure et triste fortune ?
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfoui ?

… Etc. Victor Hugo savait tourner les phrases … il aurait été un bon blogger !

Mais que retenir donc de tous ces dangers, de cette mer d’huile qui soudain se tortille et se dresse, chahutant dangereusement notre frêle esquif ?

Il faut s’en tenir au fait. J’y revient inexorablement, comme la vague lèche sans relâche la grève.

Cela signifie qu’heureux ou non de cette annonce nous devons nous préparer à vivre une phase de transition durant laquelle la confiance en la pérennité des lignes de produits Microsoft ne pourra que chuter, chacun attendant dans sa coquille que la mer se calme et que le jour se lève, dissipant les nues matinales pour qu’enfin, de la hune de misaine la vigie au yeux rougis par l’attente puisse distinguer un point, un espoir, une île.

Que ferons nous durant cette attente ?

Il est préférable de poser la question autrement : comment la concurrence va-t-elle tirer profit de cette catastrophe ?

Va-t-elle s’effondrer tel un mât arraché par un vent trop fort dans une voile qu’il aurait fallu ariser ou au contraire va-t-elle sortir le spinnaker et profiter d’un vent arrière favorable pour enfoncer le clou de son avance dans la peau de l’ennemi ?

On voit Google avancer ses pions avec prudence mais avec constance. Les Chromebooks ont de l’avenir, les principaux constructeurs viennent tous d’annoncer la fin de la construction de machines RT quand ils n’ont pas annoncé encore plus clairement leur ralliement total au pavillon Android… Ubuntu lui-même se verrait bien trancher la drisse de la dernière voile du vaisseau Microsoft pour envahir les salons du grand public et peut-être même les bureaux des entreprises…

Croire que le marché va se figer pour laisser le temps à Microsoft de reprendre ses esprits serait stupide. C’est une guerre économique, pas une partie de chat perché où il suffit de faire “pouce” pour que les autres s’arrêtent gentiment le temps qu’on reprenne souffle…

La poussée d’Android, aujourd’hui majoritaire sans contestation possible dans le monde mobile (smartphones et tablettes) ne va pas s’arrêter.

Allons-nous lâcher Microsoft pour autant ? Non. Nous savons que pour l’instant Microsoft est la seule société à proposer une gamme de produits professionnels taillés pour l’entreprise et qu’il faudra bien du temps pour que cet état de fait ne change. SQL Server, Windows Server, Sharepoint, etc, sont autant de bastions presque imprenables car les faire tomber couterait une fortune en investissements aux entreprises !

Mais le monde ne sera plus comme il y a dix ans. Un temps où l’on pouvait faire du Microsoft en se fichant du reste de la planète car cette même planète ne connaissait que le PC et que sur PC Microsoft était le seul et unique maitre régnant en despote (ce qu’on lui a assez reproché).

Les temps qui s’annoncent sont certes incertains en ce qui concerne Microsoft, mais ils sont clairs comme l’eau de roche en ce qui est du marché ! Ce dernier va continuer d’être vampirisé par Android sur les mobiles et les infrastructures en entreprises resteront majoritairement Microsoft.

Dès lors il va falloir apprendre à gérer l’ingérable, à rendre compatible ce qui n’est l’est pas.

Et cela tombe bien puisque je viens de boucler et de publier 12 vidéos de 8h au total dont le sujet est, devinez !? … oui, le développement cross-plateforme.

Coup de chance ou bien est-ce simplement ça avoir un coup d’avance ?

Chacun se fera son idée, mais ce que je vous propose depuis des mois, va vraiment devenir incontournable : développer en cross-plateforme n’est aujourd’hui plus une option pour essayistes, mais bien une assurance sur l’avenir !

Conclusion

Toute fin marque le début d’autre chose. Mais elle annonce aussi une période de transition rendant les décisions encore plus difficiles par manque de visibilité sur le futur.

Il existe des moyens de se protéger contre les aléas du marché que l’incapacité à gouverner de Ballmer nous impose aujourd’hui encore plus fortement par cette annonce prématurée sans qu’un successeur ne soit nommé immédiatement. Quelle erreur de stratégie, vraiment ce type n’était bon à rien.

Savoir mixer les environnements Microsoft avec Android n’est plus une option, c’est désormais une assurance anti-siège éjectable. Ni plus ni moins.

L’annonce du départ de Ballmer ne fait que confirmer la justesse de mes conseils. Protégez-vous tout en avançant, car rester sur place vous condamne autant que d’avancer sans protection. Développez cross-plateforme !

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